Une nouvelle organisation

Nous ne possédons pas l’unique marche à suivre pour en arriver au socialisme. Nous croyons néanmoins qu’il y a de la place pour une nouvelle organisation révolutionnaire qui privilégie une approche différente.

Par les membres du FAS

Une tradition révolutionnaire

Le milieu révolutionnaire au Québec est très diversifié. Quoique son histoire soit récente, ce terreau révolutionnaire est riche d’une tradition marxiste-léniniste héritée entre autres d’En Lutte!, du Parti communiste ouvrier ainsi que des valeurs syndicales combatives instaurées par le mouvement syndical des années 60 et 70. Le mouvement révolutionnaire au Québec se démarque en Amérique du Nord par sa taille et sa vigueur. Les succès de la manifestation anticapitaliste du 1er mai et de la manifestation annuelle contre la brutalité policière en témoignent. Malgré cette effervescence, bon nombre de militantes et de militants anticapitalistes ne participent à aucune organisation révolutionnaire. Il existe pourtant un grand nombre de groupes anticapitalistes, de collectifs féministes, de groupes environnementaux, de groupes de quartiers, etc. La grève étudiante de 2012 a d’ailleurs constitué un éveil révolutionnaire pour des milliers personnes. Menant une lutte acharnée pendant plusieurs mois contre un gouvernement faisant la sourde oreille aux revendications populaires tout en poursuivant son agenda néolibéral, il n’en fallait pas plus pour que de nombreuses personnes se questionnent sur le système économique, politique et démocratique. Constatant les limites des organisations de masse officielles, plusieurs nouveaux militants et nouvelles militantes sont désormais à la recherche d’une organisation révolutionnaire qui peut satisfaire leurs aspirations.

Si la fondation d’une nouvelle organisation révolutionnaire est une tâche colossale, il en est tout autant de joindre une organisation déjà existante et d’y faire sa place. Nous sommes marxistes, féministes, internationalistes et écologistes. Nous étions à la recherche d’une organisation nous permettant de nous impliquer, de faire avancer la lutte pour le socialisme, de mener des débats constructifs et de bâtir des projets en solidarité avec différentes organisations. Pour ce faire, nous avons décidé de créer notre propre organisation : le Front d’action socialiste (FAS).

La nécessité d’une nouvelle approche

Nous n’avons pas la prétention d’être le parti de la révolution. Nous ne possédons pas l’unique marche à suivre pour en arriver au socialisme. Nous croyons néanmoins qu’il y a de la place pour une nouvelle organisation révolutionnaire qui privilégie une approche différente, décentralisée en comités de travail avec des instances démocratiques où tous les membres de l’organisation et même des non-membres peuvent participer. Nous avons choisi de ne pas mettre nos énergies sur les évènements « classiques » de l’année. Ainsi, nous n’avons pas choisi de mettre mensuellement beaucoup d’effort pour la production d’un journal, ni de baser notre plan d’action du printemps sur les manifestations du 8 mars, du 15 mars ou du 1er mai. Non pas que ces manifestations ne soient pas importantes, loin de là, mais beaucoup d’organisations y travaillent déjà. Nous y participerons, soyez sans crainte, mais la base de notre action collective se fera sentir sur d’autres fronts.

Notre stratégie

Pour réaliser nos ambitieux projets, il fallait se doter d’une organisation capable de les chapeauter humainement et financièrement. Il nous apparaissait nécessaire de construire une organisation qui serait en mesure de rallier des socialistes et de se doter d’une structure démocratique nous permettant de choisir les projets sur lesquels travailler. L’idée du FAS est de mettre de l’avant les projets, avant l’organisation. Pour nous, l’implication dans un groupe révolutionnaire doit débuter par une adhésion à des principes fondateurs et par la suite à une volonté de travailler sur des projets qui peuvent rejoindre l’ensemble de la population.

Pour cela, il fallait mettre sur pied une organisation démocratique, ouverte au débat, et où tous les membres peuvent participer au processus. Nous voulions éviter une structure trop lourde, trop bureaucratique qui minerait l’émergence des projets. C’est pourquoi nous avons choisi une structure décentralisée en comité de travail qui touche à notre avis trois facettes importantes de la société capitaliste à détruire et à transformer pour construire le socialisme : la culture, le travail et nos milieux de vie.

De l’ouverture

Pour réaliser ce projet, il est nécessaire d’avoir une attitude d’ouverture vis-à-vis les différentes tendances politiques. C’est pourquoi le FAS se montre ouvert aux collaborations avec d’autres groupes révolutionnaires, syndicaux, étudiants, féministes, citoyens, environnementaux ou autres. Bien que le socialisme soit l’avenue que nous avons collectivement choisie au sein de l’organisation, les chemins pour y arriver sont multiples. Ainsi, le FAS regroupe des militantes et des militants de différentes tendances socialistes. Cette collaboration et cette cohabitation au sein du FAS fera émerger, nous l’espérons, de nombreux projets pouvant rejoindre un large spectre de la population. Loin d’être une science, la révolution arrivera grâce aux militantes et aux militants qui désireront collaborer et mettre la main à la pâte dans divers projets qui nous mèneront pas à pas au socialisme. Le capitalisme est notre ennemi commun, le socialisme est notre arme, en route vers la révolution!