Appel à la grève générale par le SIF (Syndicat International des fées)

Les fêtes constituent une période exigeante pour toutes les fées de ce monde. Nous en avons marre.

Par la Fée de Noël

Les fêtes constituent une période exigeante pour toutes les fées de ce monde. Nous en avons marre. Nos revendications sont en parfaite adéquation avec l’esprit de Noël : Nous exigeons la sainte paix.

Certes, durant la nuit de Noël notre homologue masculin, le Père Noël, déploie un effort considérable. Il ne manque pas d’en recevoir beaucoup de crédit et de reconnaissance : cette distribution de cadeaux semble être pour certain-e-s le clou de la fête.

La liste traditionnelle des tâches des fées de Noël n’est pourtant pas moins longue. Mettre son foyer en valeur, le nettoyer, le décorer, faire les achats du Père Noël, et surtout cuisiner sans relâche pendant parfois des semaines des plats qui seront au centre des rassemblements et des moments de partage.

Moments durant lesquels les fées passeront parfois beaucoup plus de temps à dialoguer avec leur livre de recette et leurs chaudrons qu’avec leurs invité-e-s. Même si elles reçoivent souvent l’aide de nombreux lutins, les fées seront imputables du succès gastronomique de ces soirées. Est-ce aussi bons et maisons que la cuisine de sa mère? Est-ce à la fois gargantuesque et santé, convivial et élégant? Comment la table est-elle mise? S’accorde-t-elle avec les tendances de l’année? Pendant des mois les magazines, véritables bibles conçues pour les fées, exposent en long et en large comment nous devrions tenir maison pour ce moment ultime de l’année : celui où tous et toutes seront réuni-e-s pour admirer ou déplorer notre magie ménagère. Chères fées, luttons collectivement contre l’intériorisation de ces pressions, demandons de l’aide, faisons des appels au pot-luck et cuisinons dans le plaisir, pas dans le stress. Si nous en avons envie bien sûr. Non, nous n’incarnons pas notre «batch» de biscuits brulés ou notre succulent pâté, nous sommes des personnes.

«Fée de Noël comme tu es jolie, te serais-tu mise à l’entrainement? Tu as perdu du poids, non? » ou encore « Pourquoi n’apparais-tu pas dans une jolie robe, fée de Noël, tu es si jolie quand tu fais un effort». Sachez que les fées ont déjà fourni beaucoup d’efforts durant toute l’année pour s’emplir la tête de connaissances, pour construire et faire reconnaitre leur crédibilité et pour trouver des manières de se faire attendre dans des espaces saturés par d’imposants pères Noël à la voix grave et sérieuse. Elles n’ont pas que ça à faire maintenir une taille de guêpe et se couvrir de brillant.

Nous revendiquons le même traitement que notre homologue masculin : qu’on nous foute la paix avec notre pilosité, notre look et notre poids. Amen.

C’est également le temps où on soulignera nos capacités manuelles : «Fée de Noël, emballe mes cadeaux de tes doigts si délicats et habiles! » Une fée se doit d’avoir la grâce au bout de sa baguette. Or, non nous n’avons pas toutes des compas dans l’œil, découpons pour plusieurs de travers et certaines de nos membres n’ont aucune aptitude innée pour les boucles et les frisotis, nous avons appris. Le secret du frisotis et à la portée de tous et toutes. Notons au passage les coûts économiques et environnementaux des moches et inutiles papiers de Noël. Vous tenez à votre effet de surprise? Laissez aux fées leur précieux temps et enfournez vos cadeaux dans un sac.

Et à tous les lutins qui pensent que le Cointreau et nos jupes sont une excuses pour faire état devant toute la tablée de notre sexualité, un rappel : le porc est censé être dans votre assiette pas assis sur votre chaise.

Solidairement, le Syndicat international des fées.